|
La seconde promotion des étudiants de l'Ecole nationale du jeu vidéo et des médias interactifs (Enjmin) recevait hier soir ses diplômes avec une particularité: la plupart d'entre eux ont déjà un travail. (...)
Ce constat confirme l'excellente réputation que la seule école supérieure publique française du jeu vidéo s'est taillée auprès des entreprises en seulement trois ans d'existence. «Ce n'est pas difficile, en France, il n'y a que deux écoles qui répondent à la pénurie mondiale de jeunes talents: Supinfogames et l'Enjmin», résume Éric Viennot, directeur de Lexis Numérique, l'un des plus importants studios indépendants de jeux vidéo en France et parrain de la promotion fraîchement diplômée. «C'est une passerelle solide entre les écoles d'arts et les éditeurs de jeux vidéo. L'Enjmin répond à de vrais besoins d'un marché en pleine explosion qui cherche des métiers qui n'existaient pas il y a vingt ans.»
Mêmes éloges de la part de l'Américain Jordan Mechner, patron d'un des plus célèbres studios de développement de jeux vidéo outre-Atlantique. Ce parrain de la troisième promotion d'étudiants qui a vendu à deux millions d'exemplaires son jeu «Prince of Persia», est bluffé par la créativité des élèves angoumoisins. «Si l'aspect commercial est crucial dans la réussite d'un jeu, sa dimension artistique a de plus en plus d'importance. Comme pour le cinéma des années cinquante, il faut qu'aujourd'hui dans le jeu vidéo, une nouvelle vague jette les bases d'une façon de réaliser des jeux et je pense que c'est en Europe et en particulier en France que cela peut se faire.»
A ces mots, Stéphane Natkin, le directeur de l'école, est comblé. Il faut dire que son bébé a le vent en poupe. Non content d'afficher que 90% de ses élèves ont une proposition d'emploi dans les entreprises où ils ont effectué leur stage, il annonce une montée en puissance programmée de l'école qui de 90 élèves aujourd'hui, va passer à 120. «Un chiffre auquel va s'adjoindre d'ici 2010 la résidence de 20 étudiants étrangers, de 15 chercheurs, et d'une vingtaine d'ingénieurs d'un futur département par alternance, précise le directeur de l'Enjmin, soit 220 élèves à cet horizon».
Une position confortée par le projet de création d'un futur bâtiment de 2.500 mètres carrés attenant au CNBDI. «Une enveloppe de six millions d'euros dans le cadre du prochain plan État-Région est prévue pour cette construction, conclut Stéphane Natkin qui planche sur le contenu de cette future école. Il s'agit aussi de réaliser un bâtiment intelligent pour que les étudiants, les enseignants, les entreprises de Magelis, et les gros éditeurs de jeux vidéo comme Ubisoft qui vient déjà y faire son marché de jeunes étudiants, s'y trouvent bien».
«Pour devenir une vraie école de dimension nationale, l'Enjmin doit passer la vitesse supérieure et vite», disait, en 2005, Nicolas Gaume du syndicat des éditeurs de logiciels et directeur du département jeu vidéo du groupe Lagardère. C'est fait ! |