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Enjmin : l'engrenage du succès |
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Friday 25 June 2010 |
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Enjmin : l'engrenage du succès Charente libre, le 25 juin 2010, par Richard Tallet
«Mon intuition me pousse à me méfier. Si c'est pour former des chômeurs... » En mai 2004, Ségolène Royal devait avoir le nez sacrement bouché. L'Ecole nationale du jeu et des medias interactifs numériques (Enjmin) n'était encore qu'un projet auquel la toute fraîche présidente de région ne croyait pas. Six ans plus tard, l'Enjmin n'a plus rien à prouver Selon une enquête menée ce mois-ci par le Syndicat national du jeu video (SNJV), 34 % des professionnels du jeu vidéo la jugent comme étant la meilleure, devant Supinfogame (29 %) et Isart Digital (13 %). C'est cette aura auprès de la profession qui a permis a l'Enjmin d'avoir, hier et aujourd'hui, un jury composé de pointures pour la soutenance des projets des étudiants (lire ci-contre). Emmanuel Guardiola, directeur de création pour Seaside Agency, Philippe Bayle, producteur chez Ubisoft, et Thierry Perreau, game designer chez Neko Entertainment, n'hésitent pas à consacrer deux jours à cette présentation parce qu'ils savent qu'ils vont trouver ici leurs futurs employés. «En juin l'an dernier, un des projets a tellement plu à l'un des membres du jury qu'il a décidé d'éditer leur jeu», appuie Stéphane Natkin, le directeur pédagogique. Et depuis avril, les six étudiants qui ont conçu «Puddle» sont en stage pour six mois chez Neko avec, comme mission, de développer le jeu pour qu'il puisse être édité. Alors, la petite centaine d'étudiants, accrochés au rêve d'intégrer la florissante industrie du jeu video, rivalisent de créativite et d'inventivité : «C'est un vrai bouillon de culture !»
300 candidats pour 45 places
Sans compter les prix régulièrement décrochés par les étudiants lors de festivals. Le plus récent étant le prix SACD obtenu par le projet «Walter», imagine par Stephane Froment. Un jeu classe «survival horror», qui joue avec les névroses du heros. Son sort est intimement lié a celui de son ombre. De quoi encourager les envies de croissance formulées par le directeur. S'il sait maintenant officiellement que, d'ici 2012 ou 2013, l'Enjmin va traverser la route de Bordeaux pour s'installer dans les locaux du Nil ou l'école jouira de 2 000 m2 pour s'épanouir, il ne dispose, pour l'instant, que de 800 m2 dans lesquels il est déjà difficile de loger la centaine d'étudiants accueillis chaque année. Pourtant, Stephane Natkin ne veut pas attendre le déménagement pour mettre en route ses projets : «Angoulême, c'est le coeur, compare-t-il. J'ai donc besoin que l'école se développe ». D'abord en agrandissant la taille des promos, ensuite en améliorant l'accueil des étudiants étrangers pour un semestre. Ensuite, en installant une formation d'ingénieurs en sciences et techniques des médias numeriques, sous l'égide de l'université de La Rochelle dont dépend l'Enjmin : «On pourrait accueillir 20 a 30 étudiants sur trois ans ». Enfin, Stéphane Natkin voudrait créer une plate-forme de recherche «qui pourrait recevoir des thésards». Et puis, ll y a aussi la volonté de monter une formation postdiplôme en partenariat avec l'école des Gobelins a Paris : «On cherche des solutions provisoires pour ne pas attendre les nouveaux locaux», explique le directeur qui pourtant n'a pas la possibilité financière de faire des aménagements dans les locaux de la Cite internationale de la Bande Dessinée et del'image (Cibdi) dans laquelle il est pour l'instant logé : «On discute avec la cite et le Cnam [NDLR Conservatoire national des arts et métiers, dont dépend l'Enjmin). II faut qu'on trouve une solution !» Parce que, pour ce qui est de remplir les formations, il n'y a pas de souci. Actuellement, les phases de recrutement sont presque terminées pour l'an prochain. Les oraux ont lieu la semaine prochaine. II y avait 300 candidats pour 45 places : «C'était 20 % de plus que l'an dernier » |