| Edito "Débat formation" : Pourquoi jouer sérieux ? |
|
Pourquoi jouer sérieux? Le Serious Game: ce nouveau terme à la mode recouvre toutes les technologies du jeu vidéo utilisées à des fins autres que le divertissement. Ici sa fonction peut consister à explorer les diverses pistes pour soigner un malade; là il peut sensibiliser à des enjeux sociétaux comme la faim dans le monde ; la communication s’en empare pour promouvoir des marques ou influencer des attitudes citoyennes...Bref, dans le Serious Game, le jeu n’est pas une fin mais un moyen pour agir sur les comportements. Les liens entre les jeux vidéo et les Serious Games d’apprentissage sont incontestables. Il s’agit de mettre en pratique ce que l’on voyait sur cette affiche ou un ado était accroché à sa manette de jeu, avec comme commentaire : s’il s’intéressait autant à la physique. Comme le jeu vidéo est basé sur une mécanique d’apprentissage, il y a un espoir. Par ailleurs, il est également possible d’exploiter ainsi les aspects collaboratifs d’Internet et des réseaux sociaux. Ainsi que je l’ai écrit dans un précédent article*, ce principe, connu de tous les concepteurs des jeux (Game designers), est résumé par la courbe dite d’apprentissage et de difficulté :à chaque instant, le niveau d’apprentissage du joueur lui permet, en faisant preuve d’un minimum de déduction ou d’agilité, de faire face à la difficulté courante. Lorsqu’il la surmonte, il acquiert un nouveau savoir et doit faire face à un niveau de difficulté qui, de nouveau l’oblige à se dépasser. Jesper Juul, le dit autrement : « Un atout d’un bon jeu est la capacité à mettre constamment le joueur au défi, ce qui l’amène constamment à trouver de nouvelles stratégies à partir de celles de sort répertoire ». Mais les ressorts sont toujours les mêmes : dépassement, valorisation de soi, minimisation de la sensation d’échec. L’indissociable trio. Stéphane Natkin Professeur titulaire de la chaire de Systemes Multimedia au CNAM, directeur de l’Ecole Nationale des Jeux et Medias Interactifs Numérique (ENJMIN) et du Centre d’Etude et de Recherche en Informatique du CNAM CEDRIC) |